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Par Michel-Frédérick

Alors bien le bonjour les confits, si vous saviez comme vous m’avez manqué durant cette rentrée automnale. Il n’y a pas à dire, on y prend goût à ces conardises ! Durant mon silence j’ai accumulé bon nombre de sujets sur lesquels je vais vous entretenir d’ici les prochaines semaines. Afin de vous titiller un tantinet en voici un aperçu : empalement du poulet à la bière, le poulet au beurre ; quel bonheur de s’éclater le cholestérol, la soirée papille et papillon et bien d’autres.

Maintenant, passons au vif du sujet de cette semaine ;

Que se passe-t-il à l’Auberge des Gouverneurs ? Index_03

Cette semaine mon travail m’a amené à passer la journée à l’Auberge des Gouverneurs de Sainte-Foy qui se situe à l’angle du boulevard Laurier et de la rue Lavigerie. Considérant que c’était un établissement bien tenu et fort d’une solide réputation, j’attendais avec impatience l’heure du lunch afin de me régaler et d’assouvir avec engouement ma faim de glouton. Et bien croyez-moi c’est un homme désillusionné qui vous écrit ces lignes. Si seulement c’était un des services qui n’avait pas tenu la route de mes papilles mais non j’ai eu droit à la totale. Je parle ici de la grande débandade culinaire, de l’extinction du concept des saveurs et finalement de l’antithèse de la gastronomie. Vous croyez que j’exagère et bien à peine malheureusement !

Je suis conscient que c’était l’heure du lunch et que ce ne serait pas un huit services mais j’avais vraiment la conviction que la table serait à la hauteur du superbe décor mais surtout de la réputation de l’hôtel. Voici ce que j’ai commandé :

Soupe : Crème de carottes

Je dois dire d’entré de jeu que la crème de carottes était le seul choix mais qu’en cette journée grise et pluvieuse j’envisageais positivement la venue de ce succulent potage qui ferait son chemin de mon œsophage jusqu’à mon estomac tout en s’assurant de bien rougir mes petites joues. Durant l’attente interminable avant de recevoir cette soupe fumante, je m’imaginais le chef qui au petit matin épluchait ses carottes, tout en suant une belle portion d’oignons dans un énorme chaudron pour y intégrer un bon bouillon de poulet maison avec une petite et subtile pointe d’ail et quelques branches de thym frais pour ensuite passer le tout au pied mélangeur pour obtenir un onctueux de carottes (pour les fervents une petite touche de crème n’a jamais tué personne) …..humm un régal qui embaume une chaumière d’un parfum automnal.

Et bien, c’est tout le contraire que l’on m’a servi ! Un potage provenant à coup sur d’une canne qui avait comme opération culinaire au mieux ajouter une canne d’eau et brasser….Je ne suis même pas certain qu’ils avaient respecté l’étape de brasser pour mélanger l’eau et le concentré. Attention, je ne prêche pas par snobisme ici et je ne crache surtout pas sur Monsieur Cambpell car j’avoue que je suis le premier à apprécier, de temps à autres, siroter une petite soupe en canne bien fumante en bas de laine dans le salon en me faisant des frisous dans le poil de mon corps de primate. Mais je vous rappelle que je suis à l’Auberge des Gouverneurs et que je ne suis pas en bas de laine dans mon salon.

Plat principal : Fusillis aux champignons à la sauce rosée

Après une période d’attente qui frisait le ridicule (nous avons reçu notre plat principal à 13h12 exactement. Notre séance de travail recommençait à 13h30), j’ai finalement reçu mon assiette de pâtes. Oups, je m’excuse car je ne suis pas certain qu’à ce niveau de cuisson on peut encore parler de pâte ? Je vous assure qu’avec quelques secondes supplémentaires de cuisson le concept de pâte aurait disparu. Ils auraient réussi l’exploit de dénaturer au niveau moléculaire la pâte alimentaire. Les fusillis étaient tellement cuits qu’ils étaient tous défrisés ! Maintenant parlons des champignons. Et bien ça ne sera pas long à écrire car je n’en ai pas rencontré un dans toute l’assiette ! Ce n’est pas des blagues j’ai fait des fouilles et pas l’ombre d’un foutu fongiforme.

Vous pensez que ça ne peux être pire? Et bien détrompez-vous car je n’ai pas abordé encore la sauce rosée. Sauce étant un bien grand mot ou plutôt un mot réservé au domaine culinaire, je ne crois pas que je peux l’employer dans notre cas. Je parlerai donc de motte rosée qui trônait timidement sur le monticule flasque, beige et alimentaire. Ce que je ne m’explique pas encore c’est que c’était assurément une SAUCE COMMERCIALE EN SACHET. Mais le pire c’est que c’était une sauce commerciale qui n’avait pas bon goût, trop salée et fade. Merde quand on est rendu à servir une sauce en sachet, on s’assure au moins qu’elle est de qualité. Au pire on fait sauter quelques champignons que l’on rajoute à la sauce pour la déguiser un peu…….Mais j’oubliais, il n’y avait pas de champignons !

Dessert : À ce stade, je ne voulais plus rien savoir donc j’ai pris un allongé.

Comble de malheur et pour être conséquent dans leur débauche culinaire, j’ai eu un allongé sans crémât qui goutait l’eau. Vous ne me croyez pas et bien répondez à cette question : lorsque vous prenez un allongé, voyez-vous le fond de la tasse à travers le café ? Et bien moi je le voyais !

En résumé, se fût une expérience pathétique de A à Z. J’ai été sincèrement déçu qu’un établissement de la sorte se permette de laisser des plats de cette nature sortir de leur cuisine. Il me semble que ce n’est pas digne de la beauté de leur hôtel et de la grandeur de cette institution. Alors vous comprendrez que je ne peux en mon âme et conscience leur accorder de confits et j’irais même jusqu’à dire qu’ils ne méritent même pas de conard……….

Michel-Frédérick

4 réponses à “Que se passe-t-il à l’Auberge des Gouverneurs ?”

  1. le 02 oct 2006 à 22:17 Djou

    Ma bonne amie est directrice des ventes commerciales à l’Auberge des Gouverneurs. Qu’en penses-tu si je lui transmets ton message?
    Djou

  2. le 10 oct 2006 à 21:20 J.S. Pagé

    Salut Mike,

    Je me délecte de vos commentaires à chaques lecture. Ceci étant dit, le Gouverneurs Ste-Foy a ses meilleures années derrière lui. Je vais dire comme mon père, ses plus belles crottes sont chiées!
    Concernant ton choix de plat principal, j’aurais plutôt prit le filet de sole livide et sa macédoine overcooked.

    C’est toujours un plaisir de lire vos conardises.

    Jean-Sébastien Pagé

  3. le 11 oct 2006 à 9:47 Michel-Frédérick

    Bonjour J-S Pagé,

    Tout d’abord merci pour tes bons commentaires, je prends un réel plaisir à écrire mes petites chroniques confites. Te connaissant un peu et sachant que tu te qualifies, avec tout le respect que je te portes, également dans la catégorie des conards gourmands, je me doutais bien que ce site te titillerait un brin!

    Alors merci encore et je terminerai en proclamant solennellement……..
    VIVE LES MOULES POULETTES…..
    VIVE LES MOULES POULETTES À VOLONTÉES !!!!

  4. le 11 oct 2006 à 9:51 Michel-Frédérick

    Bonjour Djou,

    Je suis tout à fait à l’aise avec l’idée que tu invites ta bonne amie à consulter ce site et je serais très curieux de savoir ce qu’elle en pense……car dans le fond, on est des petits conards constructifs…….

    Merci

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